
Chômeur
Il pleuvait ce matin-là.
Bien préparé,
Moral blindé,
J’avais soigné
Tout mon C.V
Sui arrivé,
Bien habillé
Et bien rasé
Cette fois prêt.
Je m’suis assis,
Sourire poli.
J’ai attendu,
Pas détendu.
Questions standards,
Réponses cadrées,
« Profil intéressant »
« On vous tient informé »
On m’a pas pris.
J’suis pas surpris !
Ils perdent le fil
De mon profil
[refrain]
Dans mon ciré,
Tête baissée
Y’a mon reflet
Dans les pavés.
[couplet]
J’suis humilié
J’ai échoué
Encore une fois,
J’ai plus la foi
J’me dis que non,
C’est pas fini,
Et qu’un refus,
C’est pas ma vie.
[refrain]
Dans mon ciré,
Tête baissée
Y’a mon reflet
Dans les pavés.
[couplet]
Ils parlent d’écart,
De parcours atypique
Comme si survivre
N’était pas stratégique
J’ai appris leurs codes
Et leurs mots-clés,
Leur façon de sourire
Quand tout est joué
J’suis pas fini,
Juste en chantier.
Un homme en vie,
Qui va s’activer.
[refrain][outro]
Dans mon ciré
Tête levée,
Le reflet dans l’pavé
Me regardait.

Pokerman
Tout le monde me connait
Mais personne ne le sait.
On m’appelle « POKERMAN »
Mais mon vrai nom c’est Norman.
Je joue toujours incognito
Sous les lustres des casinos.
Les croupiers me reconnaissent,
Mais le danger me met à l’aise.
Je peux checker, je peux passer,
Mais mon plaisir, c’est relancer,
Un beau brelan, ou même un full,
Ça fait tanguer comme une houle.
Je peux checker ou bien passer,
Mais mon plaisir, c’est relancer.
[couplet 2]
Flop, Turn et River.
C’est mon alphabet d’hiver
Les jetons parlent à voix basse,
Je les ramasse avec grâce.
Le hasard danse autour de moi,
J’ai mon destin entre les doigts.
Flop, Turn et River.
Et qu’importe les revers.
Je peux checker ou bien passer,
Mais mon plaisir, c’est relancer,
Un beau brelan, ou même un full,
Ça fait tanguer comme une houle.
Je peux checker ou bien passer,
Mais mon plaisir, c’est relancer.
Les jetons bien empilés,
Et les cartes, retournées.
Le jeu est bon, le pot est gros,
Et j’ai une main de barjo.
Je jette un œil aux gigolos,
Qui n’auront pas droit de veto.
Je relance…
Je fais tapis…
Et je meurs, tué par un full…
[refrain]
Je peux checker ou bien passer,
Mais mon plaisir, c’est relancer,
Un beau brelan, ou même un full,
Ça fait tanguer comme une houle.
Je peux checker ou bien passer,
Mais ce que j’aime c’est relance

BALLADE DU PREUX CHEVALIER
Sa cotte cabossée, et de bien sombre humeur,
L’imposant chevalier pénètre dans la cour.
Sous l’arche aux pierres froides s’alourdit sa douleur,
Son destrier s’ébroue comme un dernier tambour.
De mes batailles au loin je n’ai rien rapporté,
Que du sang sur mes gants, et le corps écorché.
J’avais foi en demain, mais le temps est passé,
J’ai vu trop de combats et de corps mutilés.
Que Dieu me garde, que le ciel m’entende,
C’est vers le repos que mon âme tend.
Las ! qu’aurais-je pu dire pour que ma mie m’attende,
Et trouve pour longtemps de quoi rêver d’avant ?
Mais comment parler à son âme rebelle,
Pour que vive en son cœur l’espérance d’antan ?
Quand grondait le clairon sous l’aube mortelle,
Je marchais vers la nuit, vers le fer éclatant.
J’ai laissé sur la plaine maint frère d’armes,
Leur regard s’est figé sous le ciel sans pitié.
Le vent porte encor l’écho sourd des alarmes,
Et mon âme vacille au poids du passé.
Que Dieu me garde, que le ciel m’entende,
C’est vers le repos que mon âme tend.
Si ma dame encor prie et tremble en m’attendant,
Peut-être un feu s’allume au cœur de mon tourment.

TOUT ET SON CONTRAIRE
Je m’autorise l’interdit
On ne meurt qu’une fois en vie
Je t’aime et tu me détestes
Je pars mais c’est toi qui restes.
Je prends du recul, j’avance.
Tu fais du bruit en silence.
Faut se mouiller pour rester sec,
Sans se perdre, où se trouver ?
On se promet sans y croire
Je dis lumière, tu dis noir
Dans nos têtes tant de questions
Nos réponses disent non
Dans ma tête y’a un concert
Dans la mienne c’est le désert.
Je dis vrai quand tu dis faux
On se dit oui mais c’est un non
Dans nos têtes rien n’est clair,
Il y a tout et son contraire.
Entre construire et démolir,
C’est comme grossir et maigrir.
Si je le mets, tu l’enlèves,
Je salis ce que tu élèves
Tu veux savoir, moi ignorer
Faut reculer pour mieux sauter
J’ai refusé, t’as accepté
T’as réussi à échouer
Tu veux remplir, moi je me vide
On se complique en étant simples
Je veux rester, tu veux partir,
Tu veux guérir, moi en souffrir.
On se déchire, on se recoud,
On veut s’aimer sans se choisir.
Dans nos têtes tant de questions
Nos réponses disent non
On fait la paix comme une guerre,
Il y a tout et son contraire.
Je dis vrai quand tu dis faux
On se dit oui mais c’est un non
Dans nos têtes rien n’est clair,
Il y a tout et son contraire.

LES COCOTIERS
Il fait beau, il fait chaud, c'est l'été,
C'est sympa de ne pas travailler,
Dans mon hamac je peux rêver sans bouger,
Sous les palmiers, en évitant les cocotiers.
C'est sur un rythme latino,
Que j'agite mon sombrero,
Bientôt ça va être l'apéro,
On va s'enfiler des pernods
Vous croyez que pour cett' chanson
Je me suis pas cassé l'trognon,
Et vous avez vraiment raison,
Cette chanson elle est très très...mais,
Il fait beau, il fait chaud, c'est l'été,
C'est sympa de ne pas travailler,
Dans mon hamac je peux rêver sans bouger,
Sous les palmiers, en évitant les cocotiers.
Y a les trompettes qui font “ta-ta”,
Les maracas qui font “cha-cha”,
Le soleil tape sur la mer,
Les glaçons fondent dans mon verre,
Le voisin gratte sa guitare
Il chante faux mais pas trop tard.
La journée passe sans façon,
Un lézard dort sur le balcon,
Il fait beau, il fait chaud, c'est l'été,
C'est sympa de ne pas travailler,
Dans mon hamac je peux rêver sans bouger,
Sous les palmiers, en évitant les cocotiers.
[outro]
la, la,la,
cha,cha,cha

MON AMIE LA COUETTE
Je me suis endormi,
Il était bien minuit.
Mon rêve m’emporte
Et m’ouvre grand la porte.
Je ne suis pas de ceux,
Qui ferment les deux yeux,
Pour échapper aux songes,
Que la nuit me propose.
Moi, dormir me transporte de joie
Le sommeil c’est un peu ma loi
Et quand le réveil sonne
Je me repositionne
Je me retourne en douce
Sans faire de secousse
Et j’enfonce ma tête
Sous mon amie la couette
C’est le printemps
Et j’ai bien le temps
Je peux roupiller
En attendant l’été
Si mon compte est de travers
Et qu’arrive déjà l’hiver
Ma foi tant pis pour l’affaire
Je dormirai davantage, mon cher
Le réveil insiste encore
Il sonne comme un tambour
Mais moi je rêve plus fort
Et je dors pour toujours…
Enfin…, jusqu’à midi
Moi, dormir me transporte de joie
Le sommeil c’est un peu ma loi
Et quand le réveil sonne
Je me repositionne.
Je me retourne en douce,
Sans faire de secousse,
Et j’enfonce ma tête
Sous mon amie la couette.

LES SAISONS DU PERE
Printemps
Au printemps le père sourit doucement.
Ses filles sont là, comme avant, simplement.
Leurs voix font revivre la maison d’autrefois
Les souvenirs reviennent marcher sous son toit
Il voudrait leur dire combien il les aime
Mais les mots se perdent au bord de ses lèvres
Été
À l’orée de l’été le père les regarde
Le soleil du passé dans ses yeux s’attarde
Les rires s’étirent autour de la table
Le bonheur circule, discret, confortable
Les heures s’en vont dans la chaleur des liens
Et chacun repart en promettant demain
Automne
L’automne s’installe sans prévenir,
Les jours raccourcissent, aussi les souvenirs
Le père se surprend à parler aux photos
Aux cadres oubliés sur le vieux piano
Les feuilles du jardin tourbillonnent un peu
Comme les jours heureux, quand ils étaient deux
Hiver
Au cœur de l’hiver le père frissonne,
C’est le froid qui infiltre son âme,
Il se sent comme un invité,
Qui est bien là mais en retrait,
Heureusement y’a les enfants,
Insouciants mais déjà si grands…
Refrain
Plus jamais elle ne le quitte
Sa seule amie la solitude...
Il a du vide dans le cœur,
Mais jamais de rancœur
Maintenant il vit tout seul,
C’est lui – « l’aïeul » -