LE CHEMIN DES DUNES

 

Les tempes grises et le pas lourd

Je fuis l'asphalte et les tambours.

Le bruit s'efface peu à peu,

La forêt s'ouvre, complice.

Le calme est à portée de main.

Mes vieux tourments tombent à mes pieds,

Comme les feuilles oubliées.

Mon cœur s’apaise, il est vivant.

L’odeur de résine et l’or des genêts,

Lavent mon âme de tous ses regrets.

La forêt me dit enfin qui je suis,

Et la mer emporte tous mes soucis.

 Je revois mes frères et l’insouciance,

Nappes à carreaux, le temps d’avant

Les corps allongés à l’ombre des pins.

L’été accroché à nos mains.

Au creux des dunes, loin des regards,

Premier frisson, un instant brûlant.

Le monde s’arrête et nous attend,

Ce n’était rien, c’était immense.

Je respire enfin, l’air devenu pur,

Le bleu déchire toutes mes armures.

Je ne crains plus rien, je presse le pas,

Désormais certain de ce qui m’attend.

 Le sable remplace la mousse.

A l’orée du bois, je trouve ma voie,

Traverse les dunes, pleines de lumière.

L’air salé m’enveloppe, entier. 

L’odeur de résine et l’or des genêts,

Lavent mon âme de tous ses regrets.

La forêt me dit enfin qui je suis,

Et la mer emporte tous mes soucis.

Je marche jusqu’au bord du monde,

Un sourire au large, à l’horizon.

Dans l’immensité je plonge,

Mais c’est la paix qui donne le ton.

Daisy.0

 

 

 

Elle pousse son caddy,

Active jusqu’à la nuit.

Parfois sous un pont,

Une maison de carton.

Un jour de plus de survie.

Dans son chariot c’est tout’ sa vie.

Ell’ doit rester en mouvement,

Pour pas se faire dépasser.

Par la ville si pressée.

 

Tout le monde l’aperçoit,

Mais personne ne la voit.

Elle vit à côté de nous,

Dans le monde du dessous.

 

Le passé elle voudrait l’oublier,

Le laisser seul se diluer.

Un jour la rue l’a attrapée,

N’a jamais su s’en libérer,

Comme une proie enchainée,

Pour toujours au malheur liée.

Elle n’est pas d’ici à ce qu’on dit,

Comme si venir d’ailleurs,

Excusait toutes nos peurs.

 

Tout le monde l’aperçoit,

Mais personne ne la voit.

Elle vit à côté de nous,

Dans le monde du dessous.

 

Elle a oublié son enfance


La douceur d’une maison
Un mari, un enfant, les siens
Des visages sans contours
Elle est moche, elle est bancale
Le rire moqueur des enfants
Ne lui fait même plus mal
La douleur, c’était avant
Les yeux vides, et le pas lent
Elle bouge, sans envie

 

Tout le monde l’aperçoit,

Mais personne ne la voit.

Elle vit à côté de nous,

Dans le monde du dessous

La Petite Lune

 

Sous la mousse au tapis épais,
Dormait un éclat imparfait.
C’était une lune minime,
Perdue sous la selve intime.

Elle tremblait comme un frisson,
Pris dans le creux d’un vieux buisson.
Sa lueur frêle et circulaire
Ouvrait la nuit comme une mer.

 

Petite lune, d’où viens-tu,
Quel ciel t’a créé si menue ?
Ton souffle trouble ma mémoire,
Comme un reflet dans le miroir.

 

Elle battait d’un cœur secret,
Tel un insecte en forêt.
Son murmure à peine audible
Rendait le silence visible.

Je m’inclinais vers sa clarté,
Craignant d’en troubler la beauté.
Sous son halo pâle et discret
Mon pas se faisait plus léger.

 

Petite lune, d’où viens-tu,
Quel ciel t’a créé si menue ?
Ton souffle trouble ma mémoire,
Comme un reflet dans le miroir.

 

Je la pris au creux des mains,
Comme on recueille le matin.
Mais le brouillard vint sans visage,
Dissoudre l’or de son passage.

Elle glissa d’entre mes doigts,
Comme un soupir qu’on ne voit pas.
Il ne resta qu’une étincelle
Dans la toile obscure du ciel.

 

Petite lune, d’où viens-tu,
Quel ciel t’a créé si menue ?
Ton souffle trouble ma mémoire,
Comme un reflet dans le miroir.

 

Vu d'avion

 

 

j'ai vu un avion passer,

ma tête s'est envolée.

Je l’ai suivie sans mes pieds

Ça m’a presque réveillé

 

je me suis noué au vent

avec un fil transparent

mais mon corps s'étirait

j'avais envie de crier

 

ah, rêver c'est pas facile

et dormir c'est difficile

je vais boucher mes oreilles

pour ne rien voir de pareil

 

c'est un jour si ordinaire,

il pleut du sable et du verre

alors je sais plus  quoi faire

je vais quitter l’atmosphère.

 

je vais pas rester pépère,

je vais jouer au corsaire.

Partir sans bouger d’ici

En retard jusqu’à midi

 

ah, rêver c'est pas facile

et dormir c'est difficile

je vais boucher mes oreilles

pour ne rien voir de pareil

 

ah, rêver c'est pas facile

et dormir c'est difficile

je vais boucher mes oreilles

pour ne rien voir de pareil

Le petit Refrain

 

Un chant un peu lointain,

Comme un petit refrain

S'installe dans ma tête

Et je chante à tue-tête.

 

Ce chant était le mien,

Je sens qu'il m'appartient.

Je veux le retrouver,

De nouveau le chanter

Si tu viens avec moi

Allez, libère-toi!

Et partons tous les deux

Vers cet air mystérieux.

 

Un chant un peu lointain,

Comme un petit refrain,

S'installe dans ma tête

Et je chante à tue-tête,

 

Ce chant était le mien,

Je sens qu'il m'appartient.

Je veux le retrouver,

 De nouveau le chanter

Si tu viens avec moi

Allez, libère-toi!

Et partons tous les deux

Vers cet air mystérieux.

 

la la la la